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Moderniser l'hôtellerie, les conséquences d'une révolution discrète

Moderniser l'hôtellerie, les conséquences d'une révolution discrète

Octobre 2013

Depuis maintenant plus d’un an, une nouvelle réglementation pour la classification des hôtels a été mise en place en France. Des conséquences qui en résultent, est née la première éco-réflexion du Groupe Vatel.

Une analyse du secteur qui vous est proposée par Alain Sebban, Président fondateur du groupe.

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Cet été, un contrat de plus de cent millions d’euros a été attribué à Bouygues Bâtiment Ile-de-France pour la rénovation de l’Hôtel Crillon à Paris, portant principalement sur la décoration complète et l'agrandissement des chambres du bâtiment classé de 14 000 m2. Un siècle après son inauguration (1909), le prestigieux établissement de la Place de la Concorde s’engage résolument dans l’avenir.

Comme le Crillon et le Plaza Athénée ce mois-ci, bien d’autres enseignes de luxe font l’objet de rénovations ambitieuses qui attestent de la vitalité du secteur. C’est l’exemple « par le haut » des effets de l’harmonisation européenne qui a conduit l’hôtellerie française à revoir la classification de ses hôtels, avec l’apparition, dans les Nouvelles Normes, des hôtels 5 étoiles (« hébergement très haut de gamme ») et même des Palaces depuis un arrêté de 2010 ciblant certains hôtels d’exception.

Le nouveau classement visait principalement à améliorer la qualité de l’offre hôtelière française, autrement dit à renforcer la compétitivité de notre pays dans un environnement international hautement concurrentiel, donnant au passage un sérieux « coup de pouce » à la modernisation de notre parc hôtelier. François Delahaye et Pierre Ferchaud le pronostiquaient dans leur rapport de 2010 : « La réforme du classement hôtelier a été portée par les professionnels, qui ont largement compris cette exigence de modernisation et de mise à niveau aux standards internationaux. »

La catégorie 5 étoiles a imposé, outre une disponibilité 24h sur 24, un service personnalisé, un personnel parlant plusieurs langues étrangères et d’autres avantages spécifiques (et même – pour l’anecdote - l’accès à Internet dans toutes les chambres, exigence qui ne figurait évidemment pas dans la classification de 1986 !) Un certain nombre de services optionnels tels que piscine, possibilité de massage détente, tennis, coiffeur, spa, animateur dans la salle de remise en forme complètent l’offre qualitative et répondent aux nouveaux styles de vie.

En même temps, des carcans ont volé en éclat. Par exemple l’obligation de séparer chambre et salle de bains a été supprimée, ce qui a libéré les talents créatifs d’architectes d’intérieur et de décorateurs audacieux et ouvert la porte à de nouveaux styles d’habitat.

Palace : une signature d’exception

La catégorie Palace distingue à ce jour treize établissements en France. Elle souligne que certains hôtels se placent « à part ». Une position d’exception qui tient autant à leur localisation (Paris, Côte d’Azur et maintenant les plus huppées des stations des Alpes) et à leur histoire qu’à l’offre de services qui procurent cette « expérience unique » que recherche leur clientèle.

Voilà ainsi valorisée et reconnue une tradition dans le plein sens du terme, celle de l’hospitalité à la française. Cette valeur imprègne notre histoire et notre culture et légitimement, contribue à la vitalité de notre économie. A Paris, la rénovation « virtuelle » (les normes) et réelle (les investissements) de l’hôtellerie haut de gamme reste l’un des moteurs de la croissance, ce qu’ont relevé des observateurs aussi reconnus que KPMG et MKG Hospitality. Le Président de cet organisme, Georges Panayotis, soulignait fin août que « la fréquentation accrue des établissements haut de gamme, qui ont mené une politique intensive d’amélioration du produit et des prestations, montre que ces investissements sont justifiés et rentables. Plus généralement, les établissements rénovés tirent mieux leur épingle du jeu quand le marché reste exigeant sur la qualité ». KPMG notait en début d’année : « Combinant un taux d’occupation en progression et un prix moyen en hausse, le RevPAR2enregistre une croissance forte en 2011. Les segments luxe et haut de gamme enregistrent les plus fortes progressions avec respectivement + 24 % et + 21 % par rapport à 2010, en raison du repositionnement des hôtels : plus de services, plus de produits « Suites », plus de luxe… »3

La montée en qualité se diffuse dans toutes les catégories. Plus de 30 000 nouvelles chambres ont été classées en 4 ou 5 étoiles en 2011. De nombreux hôtels autrefois classés en catégorie deux étoiles se sont donné les moyens d’accéder à la tranche supérieure. La Direction Générale de la Compétitivité de l’Industrie et des Services (DGCIS) souligne que les hôtels ayant demandé leur nouveau classement ont, dans leur ensemble, mieux résisté à la baisse de fréquentation (- 1.1%) que les hôtels non classés (- 3.5%).

Décidément, le temps est loin où l’appellation « hôtel de tourisme » désignait des établissements de catégorie inférieure aux hôtels 1 étoile ! Une révolution discrète place la France à la hauteur de sa réputation mondiale et contribuera à terme, j’en prends le pari, à renforcer toute la filière.

Alain Sebban

1.        Rapport sur la création d’une catégorie « Palaces » parmi les établissements cinq étoiles du nouveau classement  hôtelier, François Delahaye et Pierre Ferchaud, avec la participation d’Alain Simon, septembre 2010.
2.        Revenu par chambre disponible
3.        L’industrie hôtelière française en 2012, KPMG, Tourisme-Hôtellerie-Loisirs, 35e édition