Si un hôtel était une équipe de foot… - Vatel

Si un hôtel était une équipe de foot…

Alors qu'il était Directeur d’exploitation, Pierre-Yves Le Gal, diplômé de Vatel en 2008 s'amuse à se poser cette question à la manière d'un "portrait chinois" : Si un hôtel était une équipe de foot ? Voici sa réponse...

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[Actualité exclusivement disponible en français]

Je suis Directeur d’exploitation du Murano Resort Marrakech 4*. Récemment, le généreux mécène qui est aussi accessoirement mon employeur a défini le plus brièvement du monde ma mission de la sorte : « Tu es un meneur de jeu, un numéro 10, celui qui guidera sur le terrain la tactique de l’entreprise ». Comparaison saugrenue peut-être, mais comparaison parlante, pour moi du moins.


Et si un hôtel était une équipe de foot? Et si, expliqué de cette manière, le rôle et le positionnement de chacun en devenait plus compréhensible, et de fait plus impactante sur le terrain.  Parlant de terrain, le nôtre est nettement moins rudimentaire, au lieu d’un vert pré délimité par de géométriques lignes blanches, le nôtre est, disons, plus délicat, plus orné, plus fleuri, plus meublé, plus moquetté, plus musical, plus loungé, bref… plus sophistiqué. Nous avons la chance de jouer à Wembley, au Maracana 5 étoiles, toujours à domicile, nous connaissons notre antre imprenable.


Si un hôtel était une équipe de foot, le Directeur général serait un entraîneur émérite, assez expérimenté pour calmer la fougue des jeunes joueurs en devenir. Il observerait, sans pouvoir intervenir sur le terrain, la tactique et le ballet orchestré par ses joueurs. Sa plus grande force résidant dans le fait qu’il a de la hauteur sur les actions, il aurait du recul, profitant de la mi-temps (un steak purée à la cantine ou un morning briefing) pour distiller ses mots de sagesse et ajuster la stratégie.


Si un hôtel était une équipe de foot, le Directeur commercial serait notre milieu récupérateur, captant chaque ballon, taclant, se livrant, se jetant dans la bataille, considérant chaque opportunité d’action comme une offrande à son équipe. Ratisser large, récupérer chaque client potentiel en se battant comme un damné. Le Directeur commercial est un pourvoyeur, un pourvoyeur de clients.


Si un hôtel était une équipe de foot, je connais celui qui serait à gauche et à droite, en attaque et en défense : l’ailier AKA (also known as) le Directeur de la restauration. Electron libre, le « 3e poumon» comme nous l’appelons, doit être partout : au petit déjeuner comme au dîner, sur le room service comme en cuisine. Aussi peu à l’aise avec un tableau excel qu’un joueur de foot pro avec l’orthographe, il est l’exemple de la promotion interne, du  labeur récompensé. Il doit être omniprésent, et ça tombe bien, il l’est. A ce rythme, il obtiendra le graal de l’échelon supérieur, non pas grâce à ses prouesses, mais à cause de genoux récalcitrants, l’obligeant à passer une formation accélérée sur tout le Pack Office.


Si un hôtel était une équipe de foot, le gardien de but serait celui qui garde les clés de la forteresse, le Directeur technique. S’il faillit, c’est toute l’équipe qui plonge. Un hôtel est un océan de vulnérabilité, une fiabilité électrique incertaine où une TV ne retransmettant plus Canal + le samedi soir et c’est toute une armée d’hôteliers qui chute. Il est de celui sur lequel on compte pour faire la première sortie aérienne qui rassurera l’équipe, ce problème de climatisation qui ne débouchera pas sur un avis hautement méprisable sur Internet. On l’aime bien, on le rassure. Jusqu’au jour où il relâche un ballon.


Si un hôtel était une équipe de foot, ma gouvernante serait libero! Œil à gauche, œil à droite, rien ne bouge, rien ne passe, rien ne dépasse. On l’aime psychorigide, on l’aime saignante, ma gouvernante (j’utilise le genre féminin, un peu comme sage femme, il en existe certainement de sexe masculin, mais j’ai toujours beaucoup de mal à les visualiser) est celle dont on chérit l’observation, le regard qui ne laissera rien passer. Laurent Blanc, libéro de son état, était surnommé le Président, on l’aimait bien même si on se questionnait parfois sur sa santé mentale. Ma gouvernante, c’est Laurent Blanc avec un immense trousseau de clés.


Si un hôtel était une équipe de foot, l’attaquant serait le Chargé de clientèle. Il marque les buts, il concrétise tout ce travail auprès de nos clients. De la tête, du plat du pied, de la cuisse ou d’une frappe enroulée en pleine lucarne, il s’en fout, ce qui compte pour lui, c’est le rendement. Un sourire, un commentaire élogieux, un merci d’un client et il exulte devant tous les supporters, se rue vers les tribunes, embrassé par toute l’équipe et embrassant l’écusson de son maillot. Son moment de gloire et de plaisir, car dans le fond, il s’en fiche de son but, ce qu’il aime c’est sentir que sans lui, jamais le ballon ne serait allé au fond.


Si un hôtel était une équipe de foot, nous aurions une star, un Chef de cuisine. Sûr coté sur le marché des transferts, prodige du centre de formation, annoncé comme l’ex-futur grand de sa génération, il est celui qui défraye plus souvent la rubrique people que celle du palmarès. Il est ingérable, mais qu’est ce qu’il est doué ! Sa seule apparition sur le terrain dans son maillot plus beau et plus blanc que celui des autres, fait lever les foules. Sa barbe de trois jours est son accessoire de beauté préféré (même s’il a déjà fait pleurer un stagiaire qui avait honteusement essayé de se laisser pousser le bouc). On l’aime bien le Chef avec son caractère de cochon, même si on envie son salaire qu’il fait réévaluer à chaque intersaison, sous prétexte d’une meilleure offre d’un riche club anglais.


Si un hôtel était une équipe de foot, les notes ne seraient pas données dans l’Equipe, mais sur Tripadvisor, les billetteries pulluleraient sur Internet avec des taux de commissions parfois douteux et le Kop serait ces clients fidèles au bar, critiquant toujours la tactique mais irrémédiablement présents chaque jour de match.


Si un hôtel était une équipe de foot, nous aimerions tous gagner la Champion’s League, être couronné du Ballon d’Or et troquer ces vilains mocassins en cuir contre une tunique Adidas.


Je trouvais cette comparaison moi aussi saugrenue, mais cette image nous apprend une chose, le sens d’une équipe. Enlevez une composante et votre équipe perd. Positionnez un gardien de but en attaque et vous jouerez mal. Une équipe, c’est une organisation, et une organisation se définit par « deux personnes ou plus travaillant dans un but commun ». Ce n’est donc pas sans raison qu’un but s’appelle un but, au foot ou ailleurs.


Pierre-Yves Le Gal, aujourd’hui, fondateur de son propre cabinet de conseil Arzel Management


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